Tabula Valeria :
-- ->Tiré de …
Un terme utilisé deux fois par Cicéron :
-« nam ad me P. Valerius, homo officiosus, scripsit, id quod ego maximo cum fletu legi, quem ad modum a Vestae ad tabulam Valeriam Ducta esses (Terentia) (1) ». Ad. Fam. XIV, 2.2.
P. Valerius, quel homme charmant m'écrivit, ce que je reçus avec la plus grande tristesse, qu'il t'accompagna du temple de Vesta aux tabulia Valera...
-«cum eum (Bibulum) tu consulem in vincula duceres et a tabula Valeria colleguae tui mitti iuberent. » Contre Vatinius.
Quand Marcus Bibulus était consul et que tu le fis jeter en prison et que tes collègues, de cet endroit, ordonnèrent sa libération…
où il est indiqué un endroit du Forum. Pour l'expliquer, il a été donné trois explications.
1) Cela peut avoir comme signification : le comptoir d'un homme d'argent chez qui, Terentia, dut se rendre, forcée en cela par Clodius, dans le but de faire une estimation précise du patrimoine de son mari. Cette interprétation est valable car Cicéron, dans son « pro Quintus, 25 », fait une remarque similaire en parlant de la boutique de Sestius à laquelle il fait référence sous le terme de tabula Sestia :
pueros circum amicos dimittit, ipse suos necessarios ab atriis Liciniis et a faucibus macelli corrogat, ut ad tabulam Sextiam sibi adsint hora secunda postridie.
Ad tabulam Sextiam . Ce Sextius était probablement un des banquiers, argentarii , dont parle Savary dans le Dictionnaire de Commerce. « Il y avait, dit-il, des espèces de banquiers chez les Romains, mais dont l'emploi et les fonctions avaient bien une antre étendue que celles des banquiers d'aujourd'hui. Ils étaient des officiers publics qui réunissaient, pour ainsi dire, les offices d'agents de change, de courtiers, de commissionnaires et de notaires, faisant le change, se chargeant de dépôts, se mêlant des achats et des ventes, et faisant tous les actes et écritures nécessaires pour tant de diverses fonctions. » Dans les enchères, ils tenaient registre des effets vendus, et en recevaient le prix. C'était à leur bureau qu'on se présentait pour constater un défaut de comparution devant le préteur. Leurs livres faisaient foi en justice. - A la seconde heure, c'est-à-dire, dès le matin; car on sait que les Romains comptaient douze heures du lever au coucher du soleil. (Note de M. Nisard pour sa traduction).
2) C'était un tableau de Q. Fabius Pictor apposé sur un des murs de la curia Hostilia représentant la victoire de M. Valerius Messala sur Hiéron et les Carthaginois en 264 avant J.C. :
“...dignatio autem praecipua Romae increvit, ut existimo, a M. Val. Maximo Messalla, qui princeps tabulam pictam proelii quo Carthaginienses et Hieronem in Sicilia vicerat proposuit in latere curiae Hostiliae anno ab urbe condita CCCCLXXXX...” Pline l'ancien, H. N. XXXV (2)
« Mais celui qui à Rome donna le plus de vogue à la peinture fut, si je ne me trompe, M. Valérius Maximus Messala, qui le premier exposa un tableau sur le côté de la curie Hostilie, l'an de Rome 490. Le tableau représentait la bataille qu'il avait gagnée en Sicile sur les Carthaginois et Hiéron. »
Ce qui va suivre est une explication, donné par un commentateur, du discours contre Vatinius :
« … quod vero ad tabulam Valeriam pertinere videatur, loci nomen sic ferebatur, quemadmodum ad tabulam Sestiam, cuius meminit pro Quinctio, ita et ad tabulam Valeriam dicebatur, ubi Valerius Maximus tabulam rerum ab se in Gallia prospere gestarum proposuerat ostentui vulgo… » et sans aucun doute tiré de Pline. Prenant cette déclaration comme base de départ de son raisonnement, Manatius en tira la conclusion que ad tabulam Valerianum représentait une espèce de tribunal vers lequel Terentia fut forcée de se présenter pour se porter garant, en quelques sortes, des biens de Cicéron et pour cela, il cite le passage du discours « in Vat. » comme preuve de ce qu'il avance ; pour lui tabula Valeria collegae tui désignait un endroit où des magistrats s'assemblaient pour juger, ce furent eux qui empêchèrent Vatinius de faire emprisonner Bibulus
« Eh bien, lorsque tu conduisais ce consul en prison, et que, de la table Valeria, tes collègues t'ordonnèrent de lui rendre la liberté… » Cicéron, Contre Vatinius, IX.
Il est connu, aussi, que les subsellia tribunorum (bancs des juges aux tribunaux) étaient près de la basilique Porcia (Suét., César, 78 ; Plut. Cato. min. 5 ; Cic., pro Sex.124). Cette explication est généralement reconnue de tous.
3) Les tabula Valeria étaient des tablettes de bronze sur lesquelles étaient inscrites les fameuses lois Valeria-Horatia qui décrivaient, en particulier, les droits et devoirs des tribuns. Elles se trouvaient sur le Forum, près des subsellia tribunorum de façon qu'ils puissent les consulter chaque fois qu'ils en éprouvaient la nécessité ; et de là, vint une expression qui désignait un endroit précis sur cette place. De la même manière, les tabula Sestia étaient des tablette comprenant un exemplaire des lois Licinio-Sestia qui se trouvaient probablement sur le coté ouest du Forum.
La première de ces explications peut être rejetée ; quant aux deux autres, la dernière semble la plus probable.
(1) Durant son exil de 58 avant J.C.
(2) Le texte de Pline s'éloigne de Platner et n'a qu'une lointaine relation avec lui ; en fait Platner donne comme référence XXXV, 22 mais c'est XXXV, 7.
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