Triomphe

Triomphe:

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C'était une procession empreinte d'une grande solennité que faisait un général vainqueur. Il entrait dans la Ville (1) à la tête de ses troupes (alors que le pomerium était interdit à tout être humain armé), monté sur un char tiré par quatre chevaux ; il était précédé des captifs et du butin fait pendant la campagne qui lui avait valu cette gloire, après avoir défilé le long de la via sacra, il montait au Capitole pour offrir un sacrifice à Jupiter, dans son temple.

Un tel défilé était tellement commun parmi les tribus guerrières des premiers temps qu'il est impossible d'en trouver l'origine. Mais des historiens anciens prétendent que le premier eut lieu pour célébrer les conquêtes mythiques de Bacchus en Orient. Pour Plutarque, ce défilé remonte à la victoire que remporta Romulus sur le roi Acron (roi d'une peuplade voisine qui lui fit la guerre après l'enlèvement des Sabines).

" Romulus, pour s'acquitter de son voeu d'une manière qui fût agréable à Jupiter, et qui donnât à son peuple un spectacle intéressant, fit couper un grand chene qui se trouvait dans son camp, le tailla en forme de trophée, et y ajusta les armes d'Acron, chacune dans son ordre. Lui-meme, vetu de pourpre, et portant sur ses longs cheveux une couronne de laurier, il chargea le trophée sur son épaule droite, et marcha à la tete de son armée, qui chantait des airs de victoire. Il fut reçu à Rome avec les plus vifs témoignages d'admiration et de joie. Cette pompe fut l'origine et le modèle de tous les triomphes qui suivirent : on appela ce trophée l'offrande de Jupiter Férétrien, du mot ferire, qui, chez les Romains, veut dire frapper, parce que Romulus avait demandé à Jupiter de frapper Acron et de le tuer. " Plutarque, Romulus, XVI.

On peut remarquer qu'il défila à pieds et non sur un char.

Le premier triomphateur qui se servi de ce véhicule, suivant Tite-Live, vécut sous Tarquin l'Ancien. Ce dernier permit au vainqueur des Sabins de porter pour cette occasion un vetement doré. Quoiqu'il en soit, un triomphe était le sommet de la gloire pour un général, que ce soit sur terre ou sur mer, l'aboutissement de la carrière de la carrière d'un chef militaire en passait par là.

La conquete d'une province ou le gain d'une victoire décisive faisait que l'imperator concerné envoyait un rapport au Sénat contenant le récit de ses exploits. (Tite-Live, XLVI, 1- Pline, H.N. XV, 40). Si les renseignements fournis paraissaient satisfaisants, celui-ci décrétait une journée de grâce (supplicatio). Elle était le signe avant-coureur du triomphe. Une rencontre se faisait entre les deux au dehors des murs de Rome, d'habitude au temple de Bellone (Déesse romaine de la guerre. Champ de Mars, en dehors du pomerium) ou d'Apollon. (Tite-Live, XXVI, 21) " Le lendemain de son arrivée, il présenta le comte rendu des opérations devant le sénat convoqué au temple de Bellone et demanda le triomphe ". Tite-Live, XXXVI, 39, trad. A. Flobert. " Le proconsul Marcus Fulvius revint d'Etolie avant le retour des consuls à Rome. Il exposa devant le Sénat, réunit dans le temple d'Apollon, son action en Etolie et dans l'île de Céphallénie puis demanda aux pères de bien vouloir, en raison de ses succès et des avantages obtenus par l'Etat, ordonner des fetes en l'honneur des dieux et décréter le triomphe en sa faveur. " Tite-Live, XXXIX, 4, trad. A. Flobert.

Des règles très précises et très strictes étaient établies quoique le Sénat qui avait la haute main dessus puisse passer outre pour quelques cas spéciaux.

Ces dispositions ne pouvaient concernées les petits conflits que connus Rome au cours de son histoire.

- Un triomphe ne pouvait etre accordé qu'à un dictateur, un consul ou à un préteur. (Tite-Live, XXVIII, 38). C'est ainsi que P. Scipion en fut privé après avoir vaincu et expulsé les Carthaginois d'Espagne car il avait agi sine ullo magistratu (Valère Maxime, II, 8, § 5) . Les honneurs que connut Pompée à 24 ans (81 Avant J.C.) alors qu'il n'était qu'un simple chevalier et n'avait officié dans aucune charge publique furent sans précédent. (Plutarque, Pompée, 12, 22- Dion Cassius XXXVI, 8).

- Il fallait que le magistrat concerné fût en fonction. Cette obligation ne fut respectée que durant les premiers temps de l'Etat. Sa violation commença avec Q. Publius Philo (Tite-Live VIII, 26) qui reçut du Sénat une prorogatio imperii qui lui permit de continuer sa tâche après etre sorti de charge, magistrature terminée. Depuis proconsuls et propréteurs purent accéder au triomphe (Tite-Live, XL, 34).

- Il fallait qu'au moins 5000 ennemis aient été exterminés au cours d'une seule bataille. (Valère Maxime,II, 8,§1)

- Il fallait que le gain fut certain et non la compensation d'une défaite antérieure.

- Il fallait que les pertes romaines fussent minimes par rapport à celles de l'adversaire.

- Par une loi édictée par les tribuns L. Marius et M. Cato, une amende au profit du Sénat était infligée à tous ceux qui faisaient de fausses déclarations. L'imperator qui aspirait au triomphe devait jurer devant le questeur de la cité qu'elles étaient véridiques.

- Il fallait que la guerre fût menée contre un ennemi étranger et non contre d'autres romains.

C'est pourquoi ni Cinna ni Marius n'eurent de triomphe lorsqu'ils écrasèrent les partisans de Sylla. Il en fut de meme pour César après Pharsale. Plus tard, lorsque ce dernier battit le fils de Pompée et que pour cela, il célébra un triomphe, il causa un violent choc dans l'esprit des gens car il ne respectait pas les coutumes. " Ce fut la dernière guerre de César et le triomphe qui la suivit affligea plus les Romains qu'aucune autre chose, car c'était non pour ses victoires sur des généraux étrangers ou des rois barbares qu'il le célébrait, mais pour avoir détruit les fils et la race du meilleur des Romains, victime des vicissitudes de la Fortune, et il n'était pas beau de triompher ainsi des malheurs de la patrie et de se glorifier de succès qui n'avaient pour seule excuse devant les dieux et les hommes que la nécessité, d'autant que, jusqu'alors,César n'avait jamais envoyé ni messagers ni lettres à titre officiel pour annoncer ses victoires dans les guerres civiles et en avait toujours repoussé la gloire par un sentiment de pudeur. "

Plutarque, César, 56.

- Il fallait que les possessions de la République aient été agrandies et non qu'une perte ait été compensée. Ainsi Fulvius qui reconquit Capoue sur Hannibal ne reçut pas de triomphe.

- Il fallait que la guerre fût totalement terminée de façon à ce que les soldats victorieux puissent se retirer. Ils devaient impérativement paraître aux cérémonies conduites par leur général. C'est pourquoi Marcellus, après sa prise de la ville de Syracuse, ne reçut qu'une simple ovatio.

" Ce fut l'objet d'une longue discussion au Sénat et on ne savait comment résoudre la difficulté…et maintenant qu'il était là on lui refusait le triomphe ? D'un autre coté pouvait-on accorder le triomphe à un général qui avait reçu l'ordre de laisser son armée à son successeur- preuve que la guerre n'était pas terminée- comme si la guerre était finie sans que soit présente l'armée qui attestait que le triomphe était mérité ou non ? On adopta un compromis : Marcellus entrerait dans Rome avec l'ovation. " Tite-Live, XXVI, 21.trad. A. Flobert.

Il en fut de meme pour L. Manlius à son retour d'Espagne. " Le proconsul Lucius Manlius était rentré d'Espagne. Il convoqua le Sénat au temple de Bellone et demanda le triomphe ; il pouvait espérer l'obtenir par l'importance de ses campagnes, mais la tradition s'y opposait : il était sans exemple qu'un général remporte le triomphe sans ramener l'armée avec lui…On fit une concession à Manlius en lui décernant les honneurs de l'ovation. " Tite-Live, XXXIX, 29. trad. A. Flobert.

Seul le Sénat, après délibérations pouvait accorder ou refuser cet honneur.

" L'appréciation des droits à cet honneur, la décision qui l'accorde, furent toujours le privilège du sénat. " Tite-Live, III, 63.

Dans les premiers temps de l'histoire de Rome, le peuple pouvait aller contre la volonté du Sénat. On relève un tel cas en l'année 446 avant J.C. où les comices tributes votèrent un triomphe aux consuls Valerius et Horatius malgré l'opposition de l'assemblée des pères conscrits. " L'immense majorité des sénateurs vote contre le triomphe; Lucius Icilius porte cette question devant le peuple. Au milieu d'une foule d'opposants, on remarquait Gaius Claudius, dont les cris reprochaient aux consuls de vouloir triompher du sénat et non de l'ennemi. Ils demandaient cette faveur comme prix de services privés rendus à un tribun, plutôt qu'en récompense de leur courage. Jamais, jusque là, on n'avait consulté le peuple pour le triomphe. " Tite-Live, III, 63.

De meme pour Marcius Rutilus qui fut le premier dictateur plébéien (Tite-Live, VII, 17) et pour L. Postumius Megullus, consul en 294 avant J.C. (Tite-Live, X, 37). On vit meme un triomphe célébré malgré l'opposition du Sénat et du peuple, ce fut celui d'Appius Claudius, consul en 143 avant J.C., qui se fit accompagner d'une vestale de sa famille (Valère Maxime, V, 4, §6). Une telle pratique fut l'exception.

Un chef d'armée qui ne recevait pas le triomphe allait , suivant les règles établies, sur le mont Albain et ainsi était inscrit sur les fastes Capitolins. Là, il célébrait une espèce de triomphe à ses frais. " La veille de son arrivée à Rome, Marcellus célébra le triomphe sur le mont Albain " Tite-Live, XXVI, 21. trad. A. Flobert.

" Quintus Minucius tenta de renouveler sa requete ; voyant que le Sénat était contre lui, il déclara qu'il célébrerait le triomphe sur le mont Albain, en vertu des pouvoirs que lui donnait l'autorité consulaire et suivant l'exemple de beaucoup de personnages illustres. " Tite-Live, XXXIII, 23, trad. A. Flobert.

Si le Sénat donnait son consentement, tous les frais générés par la cérémonie étaient à sa charge.

La cérémonie, par elle-meme, nous est très connue, elle était très simple. Le chef des vaincus, ainsi que les autres prisonniers s'avançaient devant le char de l'imperator. En avant de lui, on pouvait voir ses troupes, ployant sous le poids du butin. Un repas était pret devant chaque porte et les spectateurs manifestaient bruyamment leur joie par des acclamations et des chansons saluant la victoire. " À Rome, le préfet Quintus Fabius convoque le sénat, lequel ordonne que Quinctius, à la tete de l'armée qu'il ramenait, entrera triomphant dans la ville. On mène devant son char les généraux ennemis, on porte devant lui les enseignes militaires; à sa suite marchent ses soldats chargés de butin. Des festins furent, dit-on, préparés devant toutes les portes; les convives, au milieu des chants de triomphe et des plaisanteries usitées dans ces fetes, se mirent à la suite du char. " Tite-Live, III, 29.

Ils portaient leurs vetements de fete, se juchaient sur les marches des bâtiments du Forum et tout au long de la via sacra. Les temples étaient tous ouverts, décorés de guirlandes de fleurs, une fumée suave et parfumée s'élevait des autels. L'imperator se devait de s'adresser à ses troupes avant la cérémonie pour les louer de leurs exploits et distribuer récompenses (le montant pour chacun dépendait du butin) et décorations pour les plus méritants. Puis, il montait dans son char et s'avançait vers la porta triumphalis où il retrouvait le Sénat au complet avec les magistrats à sa tete. La procession pouvait commencer dans l'ordre suivant :

- Le sénat, avec en tete les magistrats de l'année.

- Des joueurs de trompettes.

- Des chariots contenant le butin pris à l'ennemi, avec surtout des objets rares et remarquables disposés de telle façon qu'ils pouvaient etre vus de la foule amassée sur son passage. Des tableaux étaient portés sur des espèces de brancards, sur eux étaient peints en grandes lettres le nom des nations vaincues et la description des richesses trouvées chez elles. " Quand il (César) célébra son triomphe sur le Pont, on remarqua entre autres ornements de la pompe triomphale, un tableau où étaient écrits ces seuls mots : " Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu ", qui ne retraçaient pas, comme les autres inscriptions, tous les événements de la guerre… " Suétone, César, 37.

- Un corps de joueurs de flûtes.

- Le boeuf ou le taureau aux cornes dorées destiné au sacrifice.

- Des animaux, peut-etre inconnus à cette époque, pris dans les pays conquis.

- Les armes, décorations et enseignes du chef de la nation vaincue.

- Les couronnes et autres ornements de victoire donnés à l'imperator par les rois et états alliés du peuple romain.

- Les licteurs du vainqueur en une seule file portant leurs fasces décorées de branches de lauriers.

- L'imperator, lui-meme, monté sur le char de la victoire, aux formes particulières, tiré par quatre chevaux, parfois blancs. Il était vetu d'une toge décorée de motifs brodés d'or (toga picta) et d'une tunique aux motifs fleuris (tunica palmata). Il tenait dans sa main droite un rameau de laurier et un sceptre dans la gauche. Son front était ceint d'une couronne aussi de laurier. Dans les premiers temps de l'histoire romaine, son corps était peint en rouge vif. Dans son char, s'il le voulait, on pouvait voir ses très jeunes enfants. " Les dépouilles, les captifs, les représentations des montagnes, des fleuves, des batailles, précédaient le vainqueur (Germanicus)…Ce qui redoublait l'attention, c'était son air majestueux, et son char couvert de ses cinq enfants. " Tacite, Annales, II, 41.

Et, dans tous les cas, il y avait un esclave qui élevait au dessus de sa tete une couronne étrusque ornée de joyaux, destinée, ainsi qu'une clochette et un fouet attaché aux montants du véhicule, à éloigner le mauvais oeil. Ce meme esclave murmurait à son oreille : " Respice post te, hominem memento te " (souviens toi que tu n'es qu'un homme).

Ces propos nous sont rapportés par Tertullien mais ne sont confirmés par aucun auteur ancien.

- Derrière le char chevauchent les officiers de l'armée des vainqueurs ainsi que les chevaliers.

- Puis, on pouvait voir s'avancer l'infanterie en ordre de marche, les lances décorées de branches de laurier. Des soldats chantaient des hymnes aux dieux tandis que d'autres couvraient leur général de sarcasmes ou criaient : " io triumphe "

" Le dictateur (Camille), après avoir recouvré Rome sur l'ennemi, revint en triomphe dans la ville; et au milieu des naïves saillies que les soldats improvisent " Tite-Live, V, 49.

" Enfin, le jour où il (César) célébrait son triomphe sur les Gaules, les soldats, parmi les chansons dont ils ont coutume d'égayer la marche du triomphateur, chantèrent surtout ce couplet fort connu : " César a soumis les Gaules, Nicomède a soumis César,

Voici qu'à présent César triomphe, lui qui a soumis les Gaules,

Mais non point Nicomède, lui qui a soumis César " "

Suétone, César, 49.

Au moment où le cortège allait gravir les pentes du Capitole, le chef des vaincus était dirigé vers la prison pour y etre mis à mort. Lorsque l'exécution était achevée, les victimes étaient offertes en sacrifice, le butin présenté à Jupiter et la couronne du triomphateur déposée sur les genoux du dieu. Il se devait, ensuite, de participer à un festin avec ses amis dans le temple de Jupiter. Il regagnait sa maison, escorté d'une foule de citoyens qui portaient devant lui des torches. Plutarque et Valère Maxime disent qu'il était de coutume d'inviter les consuls au festin puis de leur envoyer un message pour les décommander, sans doute pour qu'il reste la personne la plus distinguée de l'assemblée.

Le triomphe ne durait qu'un jour mais il se pouvait que le butin soit si important que les troupes soient si nombreuses que le défilé prenait plus de temps.

La gloire procurée par un tel honneur ne s'arretait pas au défilé. Après sa mort, sa famille était autorisée à déposer ses cendres à l'intérieur des murs et sa statue, couronnée de lauriers, était dressée dans le vestibule de la maison familiale de façon à transmettre sa gloire à sa postérité.

Un triomphe naval semble avoir été le meme mais à plus petite échelle. Le premier connu est celui de C. Duilius qui forgea la suprématie de Rome sur les mers lors de la première guerre punique. Il fut si pénétré de cet honneur que lorsqu'il rentrait chez lui, la nuit, il se faisait précéder de torches et de joueurs de flûtes. Le second est celui de Lutatius Catulus en 241 avant J.C. ; le troisième fut celui de Q. Fabius Labeo en 189 avant J.C. qui battit les Crétois (Tite-Live, XXXVII, 60) ; le quatrième fut celui de G. Octavius qui vainquit le roi Persée. " Gnaeus Octavius célébra le triomphe naval sur Persée le 1 décembre. Ce fut un triomphe sans prisonniers et sans dépouilles. Les membres d'équipage reçurent soixante-quinze deniers, les pilotes qui se trouvaient sur les navires le double et les commandants de bord quatre fois plus. " Tite-Live, XLV, 42. trad. A. Flobert.

Il faut savoir qu'il existait, aussi, un triomphe des camps, réservé aux officiers qui avaient accompli de brillants exploits. " Décius entra alors dans au camp en triomphateur ; il remonta la voie centrale, suivi du détachement armé ; tous les regards étaient fixés sur lui, les honneurs qu'on lui rendant faisaient du tribun l'égal du consul. " Tite-Live, VII, 36. trad. A. Flobert.

Sous l'empire, comme l'empereur était le commandant en chef des armées et que tout se faisait suivant ses ordres, lui seul pouvait avoir un triomphe, sauf les membres de sa famille. En compensation, il accorda à ses généraux le droit de paraître revetus des habits du triomphateur triumphata ornamenta.

Le dernier triomphe fut célébré en l'honneur de Bellissaire (général byzantin) qui rentra dans Constantinople habillé à la façon des héros des anciens temps après avoir rejeté les Vandales hors d'Afrique ;

Le nombre de triomphe total durant l'époque romaine, tant républicaine qu'impériale est estimé au environ de 320.

Adapté du livre de William Smith "A dictionary of greek and roman antiquities" 1875

(1) Le triomphateur devait pénétrer dans la ville, ainsi que son armée, par une porte bien définie : la "Porta Triumphalis", c'était là un rite de passage purificatoir. (note du rédacteur du site)

---> Porta Triumphalis. Maquette de A. Caron.

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